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3 décembre

3 décembre 2025.

Années paires (Is 5,1-7)

Lettre de saint François-Xavier à saint Ignace de Loyola.

Nous sommes allés en Inde dans des villages de nouveaux chrétiens, baptisés voici peu d’années (…). Ces hommes, privés de prêtres, ne savent rien, sinon qu’ils sont chrétiens. Il n’y a personne pour leur célébrer les sacrements; personne pour leur enseigner le Symbole, le Pater, l’Ave Maria, ni les commandements de Dieu.

       Depuis que je suis venu ici, je n’ai pas arrêté : je parcourais activement les villages, je baptisais tous les enfants qui ne l’avaient pas encore été (…). Les enfants ne me laissaient réciter ni l’office divin, ni manger ni me reposer tant que je ne leur avais pas enseigné une prière. Alors j’ai commencé à saisir que le royaume des cieux appartient à ceux qui leur ressemblent.

   Aussi, comme je ne pouvais sans impiété repousser une demande aussi pieuse, en commençant par la confession de foi au Père, au Fils et à l’Esprit Saint, je leur enseignais le Symbole des Apôtres, le Pater noster et l’Ave Maria (…).

      Dans ce pays, quantité de gens ne sont pas chrétiens uniquement parce qu’il n’y a personne aujourd’hui pour en faire des chrétiens. J’ai très souvent eu l’idée de parcourir toutes les universités d’Europe, pour (…) appeler ceux qui se consacrent aux belles lettres. S’ils pouvaient seulement se consacrer aussi à cet apostolat, afin de pouvoir rendre compte à Dieu de leur doctrine et des talents qui leur ont été confiés !

      Beaucoup de ces savants, bouleversés par cette pensée, aidés par la méditation des choses divines, s’entraîneraient à écouter ce que le Seigneur dit en eux et, en rejetant leurs ambitions et leurs affaires humaines, ils se soumettraient tout entiers, définitivement, à la volonté et au décret de Dieu.

Oui, ils crieraient du fond du cœur : Seigneur, me voici ; que veux-tu que je fasse ?Envoie-moi n’importe où tu voudras, même jusque dans les Indes.

In Livre des Jours, p. 1668-1669.