4 octobre 2026.
Années Paires
Si 1, 1-20
La joie par la croix
Du Père René Voillaume (20ème siècle)
La joie de Dieu, le jour de Pâques, nous est donnée dans le Christ, mais nous ne pouvons, pour le moment, qu’en jouir imparfaitement et par intermittence. (…) En possédant le Christ nous possédons la joie, en croyant au Christ nous croyons à la joie, en l’embrassant crucifié, nous embrassons la joie sans le savoir, et la croix élargit en nous la capacité du bonheur qui viendra.
Mais il y a aussi toutes ces pauvres joies humaines, pures de la pureté de l’amour du Seigneur et de la purification de notre renoncement, et qui constituent déjà un reflet de sa joie d’Homme-Dieu, de sa joie de mortel vainqueur de la mort, et de Fils définitivement uni au Père. C’est aujourd’hui le jour de se souvenir de la perle précieuse qu’on achète au prix de tout ce qu’on croit posséder et qui n’est en réalité qu’un emprunt passager. Entre l’instant où l’on a tout vendu et celui de la possession de la « perle » d’un prix inestimable, il y a ce temps de pauvreté, de doute et d’hésitation, alors qu’il a fallu tout vendre sans encore serrer dans notre main la perle ni pouvoir jouir de sa beauté, ni posséder cette sorte d’assurance et de certitude que seul l’instant de la possession peut donner. Il y a donc cet « entre-deux » durant lequel nous ne pouvons que nous abandonner avec confiance au Fils de l’homme, (…) la vraie Vie, la seule Vie qui dure toujours, la seule Vie sans déclin ni malheurs, la seule Vie qui comblera nos désirs au-delà de toute attente.
Puissions-nous ne pas oublier, lorsque nous sommes rongés par la soif d’une telle joie, qu’il nous faut, pour le moment, mettre dans la poursuite du dépouillement de la Croix toute l’ardeur qui nous pousse à étancher cette soif. Aux heures d’ennui et de lassitude, (…) puissions-nous nous souvenir que toute souffrance et toute attente ici-bas sont une approche certaine du bonheur qui nous viendra à l’heure inéluctable où, sans témoins ni intermédiaires, notre esprit sera un avec Celui de notre bien-aimé Sauveur.
