17ème dimanche du T O

27 juillet 2026.

Années Paires

Jb 28, 1-28

Jésus répond à Job

D’un Commentaire du Cardinal Jean Daniélou (20ème siècle)

     Les chrétiens n’ont pas seulement vu en Job un idéal de vertu, ils ont contemplé en lui une figure du Christ à venir.

Lorsque Jésus dépouillé de ses vêtements, couvert de coups, environné d’opprobres, apparaît au tribunal de Pilate, le juge romain, ce n’est pas Isaac, Moïse ou David qu’il rappelle. Il dépasse toutes ces figures juives qui l’ont précédé, et Pilate a raison de dire : « Voici l’homme ». Jésus est alors l’homme même, réduit à la nudité de sa condition tragique. Et cet homme, Job en avait été l’expression parfaite.

Il y a ainsi une réelle et mystérieuse liaison entre Job et Jésus. Job est la question, Jésus est la réponse. Jésus répond à Job, d’abord parce qu’il partage sa souffrance et qu’il est le seul à la partager. La souffrance enferme l’homme dans la solitude. (…) Entre Job et ses amis un abîme est creusé. (…) Seul Jésus franchit cet abîme, il descend dans l’abîme de la misère, s’enfonce au plus profond des enfers. Et c’est seulement parce qu’il a d’abord partagé la souffrance de tout être qui souffre, qu’en Lui et par Lui, tout homme aux prises avec la souffrance retrouve la communion avec les autres hommes.

Jésus répond ensuite à Job parce qu’il donne un sens à la souffrance. (…) La souffrance est, pour le juste, le moyen de rejoindre le pécheur. Elle se situe dans un univers qui est celui du péché. Mais la souffrance du juste brise la logique de la souffrance et du péché. Elle permet à la souffrance d’exister là où le péché n’existe pas. Et comme elle est liée au péché, elle permet au juste d’assumer le péché par son biais, et ainsi de détruire le péché. Elle permet au juste d’entrer dans la communion des pécheurs. Ainsi Jésus dévoile le sens caché de la souffrance de Job, qui, pour celui-ci, restait mystérieuse,