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17 décembre

17 décembre 2025.

Années paires

Is 45,1-13

Une Vierge concevra

Commentaire sur l’Incarnation de Tertullien (2ème siècle)

     Il fallait qu’il naquît d’une façon nouvelle, lui qui devait inaugurer une nouvelle naissance (…). Telle est la naissance nouvelle où l’homme naît en Dieu, du fait que Dieu est né en l’homme, ayant pris la chair de l’ancienne semence, mais sans la semence ancienne, afin de lui redonner forme par une semence nouvelle, c’est-à-dire spirituelle, et de la purifier en la débarrassant des souillures de son ancienne vie.

Mais toute cette nouveauté, comme aussi le reste, fut préfigurée par le passé lorsque, selon la disposition d’un ordre raisonnable, un homme-Dieu naquit par l’intermédiaire d’une vierge. Jusqu’alors la terre était vierge ; elle n’avait pas encore été forcée par les labours, soumise aux semailles. Et c’est de cette terre-là que nous lisons que l’homme fut fait par Dieu en une âme vivante. Par conséquent, si l’on nous parle ainsi du premier Adam, il est juste que le second ou le « dernier Adam », comme l’a nommé l’Apôtre, soit également issu sous l’action de Dieu d’une terre, c’est-à-dire d’une chair que l’enfantement n’avait pas encore ouverte, pour devenir un esprit qui vivifie.

Toutefois, la rencontre du nom d’Adam ne me laisse pas indifférent. D’où vient que le Christ ait été appelé Adam par l’Apôtre, s’il n’y avait pas en lui un homme d’origine terrestre ? Ève était encore vierge lorsque la parole qui avait construit la mort s’était glissée en elle ; c’est aussi dans une vierge que devait également s’introduire la Parole de Dieu, architecte de la vie : ainsi, ce que ce sexe avait entraîné à sa perte devait être ainsi reconduit au salut par ce même sexe. Ève avait eu foi au serpent, Marie eut foi en Gabriel. Le péché de la foi de l’une eut pour remède la foi de l’autre. “Mais, me dis-tu, Ève à ce moment-là n’a rien conçu en son sein par la parole du diable !”. Eh bien si, elle conçut ! Car puisqu’elle dut par la suite obéir dans l’humiliation et enfanter dans la douleur, la parole du diable fut pour elle une semence. Elle enfanta ensuite un diable, assassin de son frère. (…) Dieu fit donc descendre sa propre Parole, le bon frère, dans le sein d’une femme pour effacer le souvenir du mauvais frère. Il fallait que, pour le salut de l’homme, le Christ sortît du lieu où l’homme n’était entré que déjà condamné.

  • De la chair du Christ, XVII