20 juillet 2026.
Années Paires
Jb 12, 1-25
Le Seigneur de la mer
D’une allocution du pape Benoît XVI (21ème siècle)
Dans la Bible la mer est considérée comme un élément menaçant, chaotique, potentiellement destructeur, que seul Dieu, le Créateur, peut dominer, gouverner et apaiser.
Il existe cependant une autre force – une force positive – qui anime le monde, capable de transformer et de renouveler les créatures : la force de l’amour du Christ, comme l’appelle saint Paul dans la Deuxième Lettre aux Corinthiens : ce n’est donc pas essentiellement une force cosmique, mais divine, transcendante. Il agit également sur le cosmos mais, en lui-même, l’amour du Christ est un pouvoir autre, et le Seigneur a manifesté cette altérité transcendante dans sa Pâque, dans la sainteté du chemin qu’Il a choisi pour nous libérer de la domination du mal, comme cela s’était produit pour l’exode d’Egypte, lorsqu’il avait fait sortir les juifs à travers les eaux de la Mer Rouge. « O Dieu – s’exclame le psalmiste – la sainteté est ton chemin… Par la mer passait ton chemin / tes sentiers, par les eaux profondes ». Dans le mystère pascal, Jésus est passé à travers l’abîme de la mort, car Dieu a ainsi voulu renouveler l’univers : à travers la mort et la résurrection de son Fils mort pour tous, pour que tous puissent vivre pour celui qui est mort et ressuscité pour eux.
Le geste solennel de calmer la mer en tempête est clairement le signe de la domination du Christ sur les puissances négatives et incite à penser à sa divinité : « Qui est-il donc – se demandent émerveillés et craintifs les disciples -, pour que même le vent et la mer lui obéissent ». Leur foi n’est pas encore solide, elle est en train de se former ; c’est un mélange de peur et de confiance ; l’abandon confiant de Jésus au Père est en revanche total et pur.
