4 octobre 2025.
Saint François d’Assise
Du Testament de saint François
Voici comment le Seigneur me donna, à moi frère François, la grâce de commencer à faire pénitence. Au temps où j’étais encore dans les péchés, la vue des lépreux m’était insupportable. Mais le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux ; je les soignai de tout mon cœur ; et au retour, ce qui m’avait semblé si amer s’était changé pour moi en douceur pour l’esprit et pour le corps. Ensuite j’attendis peu, et je dis adieu au monde.
Et le Seigneur me donna une grande foi aux églises, foi que j’exprimais par la formule de prière toute simple : Nous t’adorons, Seigneur Jésus-Christ, dans toutes tes églises du monde entier, et nous te bénissons d’avoir racheté le monde par ta sainte Croix.
Ensuite, le Seigneur m’a donné et me donne encore, à cause de leur caractère sacerdotal, une si grande foi aux prêtres qui vivent selon la Règle de la sainte Église romaine, que, même s’ils me persécutaient, c’est à eux malgré tout que je veux avoir recours. Si j’avais autant de sagesse que Salomon, et s’il m’arrivait de rencontrer de pauvres petits prêtres vivant dans le péché, je ne veux pas prêcher dans leurs paroisses s’ils m’en refusent l’autorisation. eux et tous les autres, je veux les respecter, les aimer et les honorer comme mes seigneurs. Je ne veux pas considérer en eux le péché; car c’est le Fils de Dieu que je discerne en eux (…).
Après que le Seigneur m’eut donné des frères, personne ne me montra ce que je devais faire, mais le Très Haut lui-même me révéla que je devais vivre selon le saint Évangile. Alors je fis rédiger une Règle en peu de mots bien simples, et le seigneur Pape me l’approuva. Ceux qui venaient à nous pour partager cette vie distribuaient aux pauvres tout ce qu’ils pouvaient avoir ; pour vêtement ils se contentaient d’une seule tunique, doublée de pièces à volonté au dedans et au dehors, plus une corde et une paire de pantalons. Et nous ne voulions rien de plus.
Nous célébrions l’office (…) et nous passions très volontiers de longs moments dans les églises.
Nous étions des gens simples, et nous nous mettions à la disposition de tout le monde. Moi, je travaillais de mes mains, et je veux travailler ; et tous les frères, je veux fermement qu’ils s’emploient à un travail honnête. Ceux qui ne savent pas travailler, qu’ils apprennent, non pour le désir d’en recevoir salaire, mais pour le bon exemple et pour chasser l’oisiveté. Lorsqu’on ne nous aura pas donné le prix de notre travail, recourons à la table du Seigneur en quêtant notre nourriture de porte en porte (…).
Les frères se garderont bien de recevoir, sous aucun prétexte, ni paroisses, ni cases, ni tout ce qu’on pourrait construire à leur intention, sauf s’ils ne font qu’y séjourner comme des hôtes de passage, des pèlerins et des étrangers, conformément à la sainte pauvreté que nous avons promise dans la Règle.
In FRANCOIS D’ASSISE, Documents, p. 93-95.
