Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

20 juillet

20 juillet 2025.

Commentaire RB 4, 55-58

55 Le huitième échelon de l’humilité pour un moine, c’est de faire ce que la Règle commune de son monastère et les exemples des anciens l’invitent à faire, et rien d’autre.

56 Le neuvième échelon de l’humilité pour un moine, c’est d’interdire à sa langue de parler, c’est de garder le silence et de se taire jusqu’à ce qu’on l’interroge.

57 En effet, la Bible enseigne ceci : « Quand on parle beaucoup, on n’évite pas le péché » (Proverbes 10, 19).

58 Et : « Le bavard ne sait pas se conduire sur cette terre » (Ps 139, 12).

De ces instruments, je voudrais retenir les trois adverbes qu’on y trouve : « volontiers» (libenter), « fréquemment» (frequenter) et « chaque jour» qu’on pourrait traduire quotidiennement (cotidie).

Chez St Benoit, les adverbes ont souvent une place importante. Ils disent la manière avec laquelle le moine s’engage dans ce qu’il fait. Faire une chose, c’est mieux que de ne pas la faire du tout. Mais le moine sera vraiment tel s’il ne se contente pas de faire les choses à la manière d’un fonctionnaire, mais en cherchant sans cesse à vivre pleinement ce qu’il fait. 

Ainsi écouter les saintes Écritures dans la liturgie ou dans la prière. On peut le faire d’une façon distraite parce que fatigué, ou ennuyée, car ces textes sont tellement déjà connus. St Benoit nous propose de le faire « volontiers », avec plaisir, avec cœur. C’est étrange, mais je crois que plus on est attentif à vivre une certaine discipline dans le temps donné et dans l’attention renouvelée, plus on écoute « volontiers » les Saintes Écritures. Plus aussi on y reconnait la voix et le projet d’un Dieu qui nous aime.

Aussi contrairement à ce qu’on pourrait souvent penser, la discipline, l’exercice de la régularité, loin d’affadir le goût, 1’affine au contraire. N’ayons donc pas crainte de nous scléroser en tenant bon dans nos exercices de lectio ou d’office.

Appliquons-nous y pour creuser en nous le goût des choses de Dieu. 

Il en va de même dans le prier « fréquemment » ou dans se reconnaitre pécheur « chaque jour ».

Petits exercices de mise en présence de Dieu qui peuvent égrener notre journée, avant un travail ou une rencontre, au cours d’une promenade. Rien de forcé mais plutôt un élan du cœur qui rejoint son Dieu et qui donne de vivre peu à peu toute chose sous son regard, même les vexations ou les contrariétés.

Il n’est pas facile de vivre le « priez sans cesse », mais ces adverbes « fréquemment » ou « quotidiennement » sont là pour nous y entraîner.