2 octobre 2025.
Saints Anges gardiens (Mémoire)
Évangile de la fête des saints Anges
« Leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux » (Mt 18, 1-5.10)
Alléluia. Alléluia.
Tous les anges du Seigneur, bénissez le Seigneur :
à lui, haute gloire, louange éternelle !
Alléluia. (Dn 3, 58)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
À ce moment là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent :
« Qui donc est le plus grand
dans le royaume des Cieux ? »
Alors Jésus appela un petit enfant ;
il le plaça au milieu d’eux,
et il déclara :
« Amen, je vous le dis :
si vous ne changez pas
pour devenir comme les enfants,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
Mais celui qui se fera petit comme cet enfant,
celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux.
Et celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom,
il m’accueille, moi. »
Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits,
car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux
voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux.
– Acclamons la Parole de Dieu.
Maintes fois dans son œuvre, saint Bernard, abbé de Clairvaux a parlé des anges, en particulier il a écrit deux sermons pour la fête de saint Michel et de tous les anges, le 29 septembre. Comment parler des anges d’une façon qui puisse stimuler notre vie spirituelle ? Saint Bernard s’y prend de deux manières. D’une part, il nous expose pourquoi les anges nous aiment et nous assistent, d’autre part, il nous montre comment, de notre côté nous pouvons attirer et mériter leur amour.
Trois raisons fondent la sollicitude des anges à notre égard : ils nous aiment en raison de Dieu, en raison de nous et en raison d’eux-mêmes.
Tout d’abord, les anges nous aiment en raison de Dieu. Ils nous aiment parce que le Christ nous a aimés, ils imitent sa profonde miséricorde à notre égard. Bernard nous fait voir ici avec quelle finesse et avec quel humour il sait parfois jouer et même jongler, avec les saintes Écritures. Il commence par citer un proverbe populaire : « Qui m’aime, aime aussi mon chien ! » et de commenter ainsi : « Nous sommes, ô bienheureux anges, les petits chiens de ce Seigneur que vous aimez avec un tel élan du cœur ; oui, les petits chiens désireux de se rassasier des miettes tombant de la table de ces maîtres et seigneurs que vous êtes ». Nous avons ici une allusion à l’évangile de la Cananéenne (Mt 15, 17, alliée à une allusion à la parabole du riche et de Lazare en Lc 16,21).
Deuxièmement, les anges nous aiment en raison de nous. En effet, nos âmes, par leur participation à la raison et par leur aptitude au bonheur, se révèlent apparentées à la nature spirituelle des anges. Ainsi les anges aiment en nous leur propre ressemblance, que le péché à certes ternie, mais non effacée.
Enfin, en troisième lieu, les anges nous aiment en raison d’eux-mêmes. Le motif que Bernard en donne peut nous dérouter, mais il est courant chez les Pères de l’Église. Si je ne me trompe, c’est à Origène que remonte cette trouvaille. De quoi s’agit-il ? Eh bien, dit Bernard, les anges attendent avec un ardent désir de nous voir combler les vides de leurs rangs. Car les hommes sont appelés à remplacer dans la Jérusalem céleste les anges déchus. Ainsi les anges ne cessent de prier Dieu en disant : « Relève les murs de Jérusalem », afin que la louange de Dieu trouve son accomplissement par la bouche des enfants et des tout-petits, c’est-à-dire des hommes sauvés. Admirons là aussi la finesse de ce rapprochement savoureux entre le Ps 50, 20 et le psaume Ps 8,3.
Il me reste à développer le second point : comment de notre côté nous devons nous montrer dignes de l’amour des anges pour qu’ils ne se détournent pas de nous et qu’ils ne dédaignent pas de nous entourer par leur présence amicale ? Nombreuses, dit Bernard, sont les vertus auxquelles les anges se plaisent et qu’ils ont tellement de bonheur à trouver en nous. Pourtant, par-dessus tout, c’est l’unité et la paix fraternelle que réclament de nous les anges, messagers de paix. A l’opposé, Satan, le diviseur (c’est le sens du mont grec : diabolos = diable) Satan est le solitaire par excellence. Ce qui caractérise Satan, ce « sanglier solitaire qui ravage la vigne du Seigneur », ce n’est pas seulement l’orgueil, c’est sa singularita, son caractère de solitaire, sa décision de faire bande à part d’entre les anges. « La Vérité n’aime pas les recoins ! » s’écrie Bernard avec une expression percutante. C’est Satan qui suggère au moine de se séparer de ses frères et de semer dissensions et scandales dans la communauté.
Ainsi, en cette fête des anges, saint Bernard peut nous aider à mettre le comble à leur joie par notre unité et notre charité fraternelle. « Comment ne trouveraient-ils pas leur plus grand bonheur, dit-il, en voyant se réaliser parmi nous une certaine image de leur cité et en trouvant ainsi l’occasion d’admirer la nouvelle Jérusalem sur la terre ? ».

5 Novembre