Méditation sur la semaine sainte




Méditation sur la semaine sainte
Thomas met sa main dans le côté transpercé de Jésus ressuscité | PHOTO: Tableau de Caravage

Méditation pour la semaine sainte

Par Mgr Paul  OUEDRAOGO, archevêque de Bobo-Dioulasso

 

Pour vivre au mieux possible notre semaine sainte et le triduum pascal, « ces jours cruciaux pour notre foi », voici une méditation de Mgr Paul à partir de la parole de Jésus qui confie à ses disciples la trahison qu’il va bientôt connaitre. « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer ».

 

… « Nous sommes à quelques jours du triduum pascal. Les textes de la liturgie nous rapprochent de Jérusalem où les événements majeurs de notre salut vont se célébrer. Et les textes particulièrement de ce mardi saint, surtout l’évangile, nous montrent l’annonce de la trahison de Judas. Ils nous montrent aussi le tableau des disciples qui sont en émoi, chacun se posant la question de savoir si c’est lui qui va livrer le Seigneur « qui est-ce ? ». Saint Pierre essaie de voir qui c’est. Tout simplement parce qu’aucun des disciples ne pense d’abord que ça peut être lui. Aucun des disciples ne pense d’ailleurs que dans leur groupe il peut se trouver quelqu’un qui peut réellement livrer Jésus. Notre itinéraire spirituel à tous, est un peu cela. Nous sommes toujours surpris par ce dont nous sommes capables. C’est vrai qu’une fierté légitime fait que nous décrétons que nous ne sommes pas capables de ceci, que nous ne sommes pas capables de cela, mais Dieu qui connait nos cœurs, Lui qui sonde les cœurs et les reins, sait de quoi nous sommes capables. Il y a juste que sa miséricorde à Lui est plus grande que notre péché. Sinon dans la réalité, nous ne sommes pas meilleurs que le premier collège apostolique. Il faut savoir que chacun de nous a sur ses lèvres, le baiser de Judas qu’il peut à tout moment donné au Seigneur. Chacun de nous a sur ses lèvres le reniement de Pierre qu’il est capable de sortir à tout moment pour sauver sa peau ou pour une autre raison. Et donc à ce niveau là, nous n’avons pas à être surpris par nos défections. Nous devons seulement savoir ouvrir l’œil en toute vérité et en toute simplicité pour mettre le doigt quelquefois là où ça fait le plus mal. Accepter ce que nous sommes, ne pas passer le temps à courir derrière l’idée que nous faisons de nous même et qui ne répond pas à la réalité. En nous acceptant tel que nous sommes et en sachant ouvrir les yeux sur notre péché, c’est le moyen de nous engager dans une conversion réelle et efficace.

Alors ce que je souhaite pour nous tous et pour les prêtres de façon particulière puisque le jeudi saint ça sera leur fête et pour l’ensemble du peuple saint, c’est que nous sachions par amour de la vérité, accepter de nous regarder tel que nous sommes et à partir de là engager une conversion réelle et profonde pour revenir au Seigneur de tout notre cœur. Ne continuons pas de donner le change et de tourner derrière ces images qui n’expriment pas la réalité de ce que nous sommes. Acceptons la réalité de ce que nous sommes et demandons au Seigneur la force d’améliorer ce que nous sommes parce que la conversion c’est aussi cela. La conversion n’est réelle que là où on ose ouvrir les yeux sur le péché, sur le mal qui est là.

Alors bonne entrée en semaine sainte et bonne préparation au triduum pascal à toutes et à tous. Comme Judas et Pierre nous sommes fragiles. Accueillons notre fragilité, mais surtout, comme pierre gardons toujours l’espérance et la confiance en la miséricorde de notre Dieu. Il nous accueillera toujours et nous permettra de repartir d’un pas nouveau puisqu’avec Lui, il n’y a rien qui soit définitivement perdu. Bonne semaine sainte à tous et à toutes ».

 

 

 

Méditation pour la Semaine sainte sur le site de la Conférence des Evêques de France

 

L’entrée à Jérusalem

Nous entrons dans la semaine la plus sacrée de l'année. L'entrée à Jérusalem est un prélude joyeux et glorieux aux douloureuses humiliations que connaîtra Jésus. Cette foule est heureuse d'accueillir celui dont elle a appris tous les bienfaits, vis-à-vis des malades, des infirmes, et même à Béthanie, vis-à-vis de Lazare qu'il ressuscita.

ACCUEILLIR LA JOIE QUOTIDIENNE

Beaucoup de ceux qui se pressent autour du Christ dans les rues de Jérusalem sont sincères dans leurs chants et leurs acclamations. Même si quelque jours plus tard, certains d'entre eux suivront les conseils des chefs et des responsables, pour forcer Pilate à décider que Jésus soit crucifié.

La fête est toujours fulgurance d'un moment, explosion d'un instant. Elle dévoile toujours la beauté et la vitalité de tout être à l'égard des autres, même si elle est toujours fugitive, parce qu'humaine. Cela le Seigneur la sait, lui qui connaît le coeur des hommes. Mais il ne refuse pas cette joie populaire, d'autant qu'elle est sans arrière-pensée, à la différence de ceux qui trament, dans l'ombre, le scénario qui conduira à l'arrestation et à la mort de Jésus.

Nous aussi, dès le premier jour de cette semaine sainte, nous devons accueillir Jésus, accepter comme souveraine sa volonté sur nous, comme lui-même à cette heure d'un triomphe passager accueille la volonté de son Père.

ALLER AU DEVANT DE LUI

"Voici que vient ton Roi", avait dit le prophète Zacharie (9. 9 à 15). Les matines de la liturgie byzantine nous invitent à aller nous aussi, comme les gens de Jérusalem, au-devant du Roi qui vient : " Venons avec des branches louer le Christ, notre Maître ... Le Seigneur notre Dieu est apparu ; célébrons la fête, réjouissons-nous et exaltons le Christ. De même que les rameaux et les branches, élevons nos voix vers lui dans la louange."

A nous de vivre cette fête en toute vérité, en toute humilité en raison même des retournements si fréquents de notre donation à la volonté de Dieu.

Les palmes expriment la victoire et l'olivier exprime la paix. Allons au-devant de Jésus en rendant hommage à la fois à sa force et à sa miséricorde, en lui offrant nos victoires qui sont, en fait, ses victoires, sur nous-mêmes et sur le péché.

ILS ETENDIRENT LEURS VETEMENTS

Dans l'enthousiasme, ils lui font un véritable tapis d'honneur, avec leurs propres vêtements. Et ils ne devaient pas être bien riches. C'est peut-être pour cela qu'ils les mettent sur son chemin. Les riches tiennent trop à leurs affaires pour les offrir ainsi.

Jetons, nous aussi nos vêtements, nos possessions, notre sécurité, nos fausses apparences. Que le Christ triomphe en nos vies, qu'il foule de ses pieds tout ce qui est à nous. Que tout ce qui nous est précieux lui soit soumis et offert.

Suis-je capable de dire en vérité :" Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! " Cette phrase exprime-t-elle un élan de tout mon être vers ce Roi qui entre dans ma vie et que désormais j'accepte, quoi qu'il me demande ?

A chaque célébration eucharistique, ces mêmes paroles éclatent après l'hymne d'action de grâces qu'est la préface. "Béni soit celui qui vient dans ma vie, au nom du Seigneur ! " Même si ce n'est pas toujours facile de lui laisser cette place en sa totalité, je sais bien que ce dérangement, qui est un appel à sacrifier ma vie pour lui, est, non pas un signe de domination, mais un signe d'amour : " Je ne vous appelle plus serviteurs, mais amis." (Jean 15. 15)

"Mes amis." Parce qu'il vient partager l'humilité de ce que nous sommes, pour que nous prenions part à ce qu'il est, lui qui vient "au nom du Seigneur ! "

 

 

 

 

Jésus pendant la semaine sainte

 

 

La vie quotidienne a repris son cours dans Jérusalem, mais de bouche à oreille, dans les ruelles et les marchés, chacun commente la situation. Les uns savent que, du côté des autorités, l'on apprécie guère l'attitude de Jésus lors de son entrée à Jérusalem et qu'on envisage même de l'éliminer d'une manière ou d'une autre. D'autres sont des admirateurs inconditonnels et cherchent à le rencontrer. Les disciples s'inquiètent après avoir été heureux de ce triomphe. Jésus garde son calme.

Par delà ces branches joyeuses qui l'avaient entouré, il regardait vers son Père du ciel.

Au seuil de ces jours décisifs pour le salut des hommes, le récit évangélique nous présente Jésus en homme libre qui s'expose par sa parole et ses actes. Au dire de saint Luc, il ne subit pas le cours des événements mais il marche résolument vers sa Pâques.

"Comme s'accomplissait le temps où il devait être enlevé, il durcit son visage et prit résolument le chemin de Jérusalem." (Lc 9,51) Le sens grec du terme nous dit qu'il affermit sa décision. Ce ne sont pas ses traits extérieurs qui deviennent sévères. Au seuil de son dernier itinéraire terrestre, il est, bien au contraire, toute tendresse, toute paix, toute compréhension pour les gestes de Madeleine et le futur reniement de Pierre, à qui il dira au soir du Jeudi-Saint en évoquant le chant du coq : "Que votre coeur ne se trouble pas." (Jean 14. 1).

Sur ce chemin, depuis des semaines, il avait rencontré des oppositions, qui se révéleront finalement mortelles pour lui (Mt 21,12-16 ; 26,3). Il avait médité les prophètes et il pouvait pressentir les risques qu'il encourait, comme en témoigne cette apostrophe : "Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés." (23,37 ; 21,35)

A quelques jours de son arrestation, il ne prend aucune disposition fébrile. Il ne tente aucune démarche auprès de gens importants. Jean pourrait l'aider, lui qui a ses entrées chez Caïphe. Joseph d'Arimathie ou Nicodème pourraient peut-être intervenir.

Au seuil de ces heures capitales, Jésus vient tranquillement déjeuner avec des amis. Il accepte la joie du repas que Marthe, Marie et Lazare font en son honneur afin de manifester leur reconnaisance pour la résurrection de son ami. Il ne fait aucun reproche devant la dépense exagérée de Marie. Il accueille le don de cette femme qui, grâce à lui, peut revivre dans la fierté retrouvée. Mais il voit plus loin. Il sait la démarche qu'elle fera au tombeau au lendemain de sa mort.

Il connaît les limites de chacun et ne leur en fait aucun reproche. Il pourrait dénoncer le traitre aux autres apôtres et même le supplier, lui qui l'avait appelé, qui lui avait accordé la même confiance qu'aux autres et dont il avait senti la fragilité, les hésitations et les réticences. A ce moment de la "bouchée de pain" qu'il offre à Judas, selon le rite de la Pâque juive, les autres s'inquiètent d'eux-mêmes, de leur fragilité, de leurs hésitations :"Serait-ce moi, Seigneur ?"

Ce dernier repas avec eux, il l'avait désiré : "J'ai désiré d'un grand désir manger cette Pâque avec vous." "C'est pour cette heure que je suis venu." (Jean 12. 27) C'est pourquoi, la mort ne le surprend pas. Sa mort qui vient, cette mort qu'il accepte est la conséquence assumée de sa parole "Je me dois à mon Père" (Luc 2. 49). L'affirmation "Il fallait que le Fils de l'Homme fût livré" (Mt 16,21 ; 17,22 ; 20,18) est le noeud des récits de la Passion.

Mais elle est dans sa pensée tout au long de ces jours, comme elle l'est tout au long de sa vie, l'Évangile en témoigne, même au Thabor. Il a choisi librement d'en fait une donation joyeuse et non pas un destin implacable. Il assume, librement, l'aspect inévitable du cours des événements. Il conjugue la liberté divine et la liberté humaine dans une relation vivante avec celui qu'il appelle "Mon Père". Et c'est là qu'est la paix joyeuse qu'il connaît à la veille du Jeudi Saint.

Pour comprendre, à l'instar des disciples d'Emmaüs, il faudra une intelligence renouvelée des Écritures (Lc 24,32). La vie, la mort et la résurrection de Jésus pourront alors trouver leur sens " selon les Écritures ". Au repas de chez Lazare comme au repas pascal il nous faut relire la vie de Jésus à la lumière de l'amour comme nous devons le faire d'ailleurs de nos vies, relues à la lumière de la foi.

Faire la volonté de Dieu, c'est se maintenir à l'écoute dans cette relation vivante, c'est vivre en espérance et ce jusque dans l'épreuve. Loin d'une soumission aveugle à une autorité, l'écoute est travail de discernement, relecture à la lumière de la foi et de l'amour

Jésus en a vécu la certitude. "Quand Judas fut sorti, Jésus déclara : "Maintenant le Fils de l'Homme est glorifié et Dieu est glorifié en Lui."

 

 

La messe chrismale

 

Dans le rite catholique latin, la messe chrismale n'appartient pas, au sens strict, au triduum pascal. Si elle a lieu le plus souvent le Jeudi Saint au matin, elle peut être transférée à un autre jour, pourvu qu'elle soit proche de Pâques.

Beaucoup d'évêques, pour faciliter la participation des fidèles et des prêtres, choisissent un soir de l'un ou l'autre des jours saints, le lundi, le mardi ou le mercredi.

Durant la messe chrismale, l'évêque consacre le saint-chrème et bénit les autres huiles saintes.

Dans les Eglises orientales, cette liturgie chrismale se déroule, dans la plupart des rites, d'une manière plus particulière encore. Il en est ainsi dans la liturgie de l'Eglise Apostolique Arménienne, cette consécration se fait tous les sept ans, uniquement au siège du patriarcat à Etchmiadzin, par le patriarche catholicos lui-même au cours d'une cérémonie très riche de symboles et de signification spirituelle.

Nous vous invitons à lire et à méditer l'ensemble des textes de cette messe chrismale en particulier la préface : "Tu as voulu que son unique sacerdoce demeure vivant dans l'Eglise." Il y est rappelé que le sacerdoce des prêtres en est l'actualisation, c'est pourquoi ce jour-là ils renouvellent leurs promesses sacerdotales

"Cette liturgie tournée vers la vie interne, vers le coeur de l'Eglise, rappelle que le coeur de l'Eglise est traversé par le don que le Christ fait de son Eglise au monde ... Passons le seuil et partons ! "

 

Au-delà de ces rites, au travers de ces bénédictions, une homélie de Mgr Albert Rouet, archevêque de Poitiers, nous fait prendre conscience que nous sommes consacrés, non pour nous replier sur nos problèmes mais pour nous ouvrir au monde et lui donner la vie.

Au coeur de l'Eglise, au coeur de la vie

 

"On est au-delà des méthodes, des moyens, ou des ajustements nécessaires, on est devant un problème qui touche l'avenir de notre société dans lequel l'avenir de notre Eglise est compris.

Je trouve grave pour ma part, je vous le dis peut-être avec un brin de souffrance, que tant de travaux de synodes, tant de soucis, de peines, de générosité même, aient replié l'acteur apostolique sur des agencements paroissiaux et des fonctionnements structurels. Certes, il les faut, je n'ai pas envie d'en médire.

Mais l'Eglise n'existe pas d'abord pour eux ! Ne confondons pas les moyens avec la fin. En commençant la messe, j'ai dit en votre nom une oraison, mais écoutons-nous les oraisons ? Je vous en relis la finale : "Puisque tu nous a consacrés en Lui (le Christ), fais que nous soyons pour le monde les témoins de l'Evangile de Salut". D'un seul coup, au cœur d'une messe chrismale qui concerne la vie chrétienne et les ministères ordonnés tels que le Christ les a voulus en envoyant ses apôtres, l'ouverture du Christ, l'Envoyé du Père, nous contraint à regarder au-delà de nos murs.

Par un paradoxe étonnant, nous sommes en quelque sorte à front renversé ! Nous allons bénir et consacrer les Saintes Huiles, actes liés à la vie de l'Eglise dont je vais maintenant vous montrer la dimension missionnaire. En même temps, notre Eglise consacre beaucoup de temps à des synodes célébrés en principe pour relancer la mission, mais qui s'achèvent comme une recherche identitaire parce que tournés vers la vie intérieure aux communautés.

***

La première bénédiction vient sur l'huile des malades.

Nous sommes une société d'une technicité invraisemblable, extraordinaire pour diagnostiquer les maladies, les prévenir parfois et les guérir par des moyens dont on avait pas même l'idée il y a vingt ans. Nous savons soigner les gens et, jour après jour, nous découvrons des prouesses que le corps médical est capable d'accomplir et de perfectionner, ce progrès nous rend en même temps de plus en plus exigeants, injustement exigeants au point que, si un médecin qui n'est jamais qu'un artiste, point infaillible se trompe un tant soit peu, il risque une procédure dont on attend évidemment beaucoup d'argent.

Nous savons soigner, savons nous guérir ? Je me souviens d'une petite vieille que j'allais voir à l'hôpital qui m'a dit : "Mon Père, je vais sortir demain, qui viendra me voir après ?" Nous savons soigner parce que nous avons une technique, des médicaments, des instruments, des opérations extraordinairement efficaces. Mais la guérison d'un malade suppose qu'il soit réinséré dans le corps social. Soigner, nous savons, guérir dépend non plus des médecins, mais de la manière dont un malade va être réintroduit dans le corps social qui est le sien.

Pouvons-nous dire aujourd'hui que le Sida n'isole plus à cause de la peur ? Que tel malade atteint d'un cancer dont tout le monde sait qu'il ne s'agit pas d'une maladie transmissible, ne connaît pas d'isolement, par la criante ancestrale des graves affecitons. Ainsi cette femme : "Le jour où j'ai dit à mon mari que j'avais un cancer, il est parti !" Et ces personnes âgées, dont on s'occupe admirablement, mais qui meurent à petit feu, seules dans des maisons spécialisées. Et c'est en premier l'échange qui meurt. La plus grande plaie sociale n'est pas l'insécurité, mais certainement la solitude.

Voilà que l'huile qui pénètre, qui entre dans le corps de quelqu'un, nous allons la bénir. Rappelez-vous l'épître de Saint Jacques : "Si quelqu'un est malade, qu'il appelle les anciens de l'Eglise" (5, 14). Ce que demande cette prière pour les malades, c'est que la communauté vienne entourer un membre souffrant de son corps. Au départ du sacrement qui oint des malades, c'est précisément pour ne jamais laisser seul quelqu'un qui non seulement affronte la mort, mais risque d'affronter la mort sociale avec la solitude, le désespoir. La souffrance isole. il reste à franchir cette barrière pour maintenir l'humanité de cette situation dangereuse.

Bénir cette huile affirme publiquement que nous ne laisserons jamais tomber l'un des nôtres. Que si l'âge vient, que si la maladie tombe, que si l'handicap échoit, cette personne jamais ne sera seule, car elle est un frère et elle est une sœur.

Pour cette célébration, le "presbytérium" se rassemble : cet événement rappelle à la communauté sa responsabilité commune de ne jamais abandonner, quel que soit son état, l'un des siens. C'est redire au prêtre qu'il a charge non pas d'abord de commander, mais d'engendrer de la fraternité. Il redit à chacun des membres de sa communauté que si un membre est oublié, la communauté est blessée ; que si quelqu'un est abandonné, la communauté ne répond pas à sa mission. L'onction des malades affirme, contre la solitude et la souffrance, contre l'isolement et la rupture la radicale fraternité du corps que nous formons. L'évêque qui bénit cette huile nous envoie comme ceux qui renversent les murs de la solitude.

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Ensuite nous allons bénir l'huile des catéchumènes.

La prière nous introduit dans cette liturgie du seuil à laquelle les diacres sont tellement attachés. Belle liturgie : quelqu'un frappe à votre porte, quelqu'un se présente devant vous. Il a pu venir de lui-même, ou vous l'avez hêlé, mais cette personne n'avancera que si vous lui dites humblement d'entrer. Le seuil est même un endroit que les anciens trouvaient dangereux. Cet endroit très particulier possède une marche, une pierre. Il y a une marque, on change de lieu. On peut toujours rater son entrée ou sa sortie ! C'est pourquoi il est tellement important de soutenir ce passage...

Voilà que nous allons bénir une huile qui est destinée à ceux qui passent le seuil, à ceux qui viennent nous rejoindre. Certains parmi vous ont fait ce passage. Ils sont entrés et on été accueillis.

La prière pour bénir cette huile rappelle la lutte, le combat, l'effort, parce qu'on ne devient pas chrétiens comme on s'inscrit à une association. On devient chrétien par conversion. Car l'appel entendu, l'amour pressenti bouleversent la vie. Combat toujours actuel, et combat public comme la liturgie.

Aujourd'hui, la lutte nous attend, nous qui bénissons l'huile des catéchumènes. Curieusement, dans notre pays (on peut pas dire partout pareil on en demande pardon à ceux qui viennent de pays où les chrétiens sont moins libres), nous sommes libres de parler de Dieu. Mais honnêtement, frères, ce Dieu dont il est abondamment questions, on en a fait n'importe quoi !

Vous ne serez jamais ennuyés, vous ne serez jamais dénoncés, vous ne serez jamais incarcérés pour une parole touchant Dieu. La liberté d'opinion ne garantit ni de la banalisation ni de la satire cruelle. Si bien qu'on attend de nous, une folklorique tgranquillité. Comme disait Napoléon III : "Je préfère payer un prêtre plutôt que deux gendarmes". Il en attendait bien sûr le même résultat !

Aujourd'hui, dans notre pays, le discours sur Dieu n'est pas un discours dangereux. Ce n'est donc pas là que se lèvera une lutte. Il reste à soutenir un effort intellectuel d'exactitude, une lutte pour le respect (de respect, je dis bien) des opinions des autres. Cette déférence première envers les idées émises repose sur une mutuelle confiance dans la recherche de la vérité.

Or cette politesse intellectuelle, ce crédit d'estime s'effirtent. Veillons à leur maintien, aussi dans une église où la liberté de parole est en train de geler. Ce n'est pas un signe de grandeur. Respect de l'opinion des autres mais surtout respect de l'homme lui-même. Aujourd'hui, l'endroit de la lutte porte sur l'homme, cette seule image de Dieu que nous ayons.

La précarité continue, l'écart entre ceux qui ont à peine de quoi vivre et ceux qui regorgent de biens continue. Savez-vous que l'extrême de la fourchette des salaires est de 1 à 77 ? Chiffre qui rappelle quelque chose à une oreille évangélique.... Le combat que nous avons à mener aujourd'hui est pour que l'homme soit homme. On l'abandonne à lui-même, on en fait un yo-yo, selon la baisse ou l'augmentation de la croissance. Jamais de telles variations au nom de la croissance n'ont révélé combien l'homme n'a été aussi méprisé !

On nous attend aujourd'hui comme chrétiens sur ces questions. Au nom du Christ, que nous soyons les défenseurs de la justice et de la dignité de chacun de nos frères humains. Le seuil de l'humanité reste à franchir chaque jour.

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Enfin, nous allons consacrer le Saint Chrême.

Chaque prêtre, comme pour une ordination, tirant de lui-même ce qu'il a reçu, impose avec moi les mains pour que son être même, passe dans l'huile qui fera l'onction. Il n'y a pas d'huile sainte qui signifie davantage le seuil. Le Saint Chrême, nous l'utilisons quand quelqu'un passe le seuil du baptême devenant enfant de Dieu.

Le Saint Chrême, nous le recevons comme quelqu'un d'enfant qu'il est, même s'il est adulte extérieurement, devient adulte dans la foi, envoyé par le Christ à la confirmation. Le Saint Chrême, nous le recevons dans nos mains et, consacrés par lui, nous devenons serviteurs du peuple de Dieu comme prêtres.

Il a été versé sur ma tête pour faire de moi un évêque de l'Eglise catholique, membre du collège de ceux que le Christ a envoyés.

Les seuils : devenir chrétien, confirmé, prêtre et évêque. On pourrait, bien entendu tenir le Saint Chrême la consécration de la séparation, c'est à dire faire de l'onction reçue un titre de reconnaissance sociale, un titre de pouvoir avec l'argent qui rôde toujours en ces zones. C'est curieux comme le sacré a besoin de fonds et en tous les temps, on rencontre cettre liaison. Il nous suffit d'avoir de quoi vivre. Nous manquons d'un peu d'argent mais tellement d'autres en manquent plus que nous.

Comme évêque, comme prêtres, comme chrétiens, au moment où le Christ nous attache à lui, parce qu'il est l'Envoyé du Père, nous lui ressemblons le plus car il nous façonne selon son envoi. Il nous tire de nous mêmes. Au moment où le Christ nous fait adhérer à lui, il nous envoie, sans rien, sans argent, sans manteau de rechange, les mains nues et le cœur brûlant.

Le Saint Chrême nous consacre pour nous donner. A l'inverse de beaucoup de religions où la consécration constitue une mise à part pour monter sur un piédestal social, voilà que le Saint Chrême nous enfouit comme le sel ou le levain. Une semence en terre. Comme une huile qui pénètre au cœur de l'être, comme un homme jeté au cœur du monde. Mis à part, consacrés pour l'évangile et pour rien d'autre. Pas pour soi, pas pour ses idées. Il nous faut rejoindre ceux dont la vie n'a plus de sens, et ceux dont la vie a un autre sens pour que nous travaillions avec eux.

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Cette liturgie paraissait tournée vers la vie interne de l'Eglise. Et elle l'est, à condition de bien comprendre l'Esprit qui anime la vie de l'Eglise. Cette liturgie tournée vers la vie interne, vers le cœur de l'Eglise, rappelle que le cœur de l'Eglise est traversé par le don que le Christ fait de son Eglise au monde. Tel est l'endroit où le Christ fait don des chrétiens aux autres hommes.

Au moment où nous prenons conscience que nous sommes consacrés, marqués par l'onction du Christ, semblables à lui, nous découvrons que nous n'avons pas d'autre raison, chacun d'entre nous baptisés, confirmés, prêtres et évêques, nous n'avons pas d'autre raison, comme le Christ, que de donner notre vie. Passons le seuil et partons.

Mgr Albert Rouet. Messe chrismale. 25 mars 2002

 

Le Mystère de la résurrection du Seigneur

 

"Il est ressuscité !"

"La seule réalité qui nous permettra un jour d'éclairer, de relativiser et de dépasser nos problèmes." (Olivier Clément). Car évoquer la Résurrection, c'est évoquer l'amour plus fort que la mort. Dans notre monde, la mort triomphe le plus souvent de l'amour. Dans le Christ crucifié, dans le Christ ressuscité, l'amour triomphe toujours de la mort.

Même à ceux qui l'ignorent ou en méconnaissent le sens, sa Résurrection offre la victoire de la vie totale et pas seulement celle de la fin de la vie terrestre. L'espace du monde déchu, l'espace qui sépare les uns des autres et même de Dieu, l'espace qui nous emprisonne en notre finitude, devient vie infinie dans un mystère que seule la foi nous permet d'approcher.

Elle nous dit que le monde, même déchu, reste la création de Dieu, Dieu de tendresse et de beauté.

Par son abaissement volontaire, par son humiliation, par sa mort de maudit, le Christ porte en Lui tout l'enfer de notre conditon déchue. Mais l'angoisse, la haine, la séparation sont retournées en vie de lumière par sa plénitude de Fils de Dieu. Il les a assumées dans l'angoisse de Gethsémani et de la croix, dans la haine de ses juges, dans la séparation du Calvaire.

Par sa Passion, sa Mort et sa Résurrection, il en a fait des instruments de la transfiguration de notre déchéance, et cela même si nous n'en avons pas toujours conscience.

La foi en la Résurrection devrait nous faire découvrir ce retournement, cette re-naissance, cette communion en la divinité qui nous est accessible, alors que la faute originelle nous avait éloignés de la proximité de Dieu.

Placer notre vie dans cette lumière de Pâques, c'est métamorphoser notre éloignement en présence. Nous découvrons ainsi que la véritable réalité de notre être et de tout homme est, selon la parole du Christ au soir du Jeudi-Saint, est "d'être sanctifiés par la Vérité." ( Jean 17. 17 à 21)

Dans le Christ ressuscité, je suis fondamentalement reconnu pour ce que je suis. Joie immense d'être pardonné, aimé, recréé. Emerveillement qui me libère, qui nous libère, par delà les contraintes de notre monde de techniques rigides.

C'est la fête de la vie, que chante la liturgie pascale, c'est la fête de la joie dont Dieu comble ses enfants comme il en a comblé le Christ. "La nuit même est lumière pour ma joie ... Nuit où le ciel s'unit à la terre, où l'homme rencontre Dieu ! " (préface du feu nouveau dans la nuit pascale).

Nous ne contemplerons jamais assez ce mystère. Nous n'en vivrons jamais assez l'enthousiasme qu'il doit susciter en nous (Jean 16. 22 à 24). Nous n'en vivrons jamais assez l'espérance et la certitude de cet amour.

 

Méditation pour le dimanche des Rameaux

 

"Nous tenons à la main ces rameaux pour acclamer le triomphe du Christ. Pour que nous portions en lui des fruits qui te rendent gloire, donne-nous de vivre comme lui en faisant le bien." (prière de la bénédiction des rameaux)

Il y aura beaucoup de monde aujourd'hui dans nos églises. Il y aura même beaucoup de gens pour se trouver aux portes afin de vendre quelques branches de buis. Je sais bien, Seigneur, que cela déplaît à tels ou tels chrétiens quelque peu puritains ou rigoristes qui voudraient une manifestation plus dépouillée de tous ces gestes religieux.

L'an dernier, j'ai questionné ces "vendeurs non officiels". L'un d'eux m'a répondu qu'ainsi il n'avait pas à mendier et que tout compte fait (et pas seulement financier), il se sentait un peu de la fête.

Ce jour-là, à Jérusalem, il y eût tout autant d'ambiguité. La foule était heureuse, chaleureuse. Elle se retournera quelques jours plus tard. Les disciples voyaient enfin l'accomplissement de ce qu'ils espéraient. Jésus va inaugurer son Royaume, leur royaume.

Jésus, tu savais bien que toute cette fête se déroulait dans un malentendu. Ton royaume n'est pas de ce monde. Tu seras abandonné, sauf par ta mère, quelques femmes et saint Jean. Le centurion comme le bon larron le découvriront dans le dénuement de la croix.

Seigneur, donne-moi de t'accueillir sans ambiguïté, dans l'acceptation de ce que tu me demandes de vivre avec toi et comme toi.

Il y a des jours de fête, il y a des jours de solitude. Il n'y a de définitif que l'amour.

C'est vrai que le désir de l'amour, c'est la durée, parce que c'est le vrai désir de l'être. Mais le désir de l'être, c'est Dieu, quoi qu'il en coûte. Et tu me l'as dit de maintes manières : il est impossible de se tourner vers Dieu sans accueillir ce qu'il me demande, oui, quoi qu'il en coûte.

 

 

Méditation pour le Lundi Saint

 

”Quand nous tombons à cause de notre faiblesse, donne-nous de reprendre vie par la passion de ton fils bien-aimé." (prière d'ouverture de la messe)

A cause de notre faiblesse

Seigneur Jésus, tu as devant toi, deux personnages bien différents. Marie, impulsive et aimante, démesurée dans ses propos comme on l'a vu à la résurrection de Lazare, sentimentale lorsque Marthe s'affaire pour la cuisine. Aujourd'hui, elle se met aux pieds de Jésus et voilà qu'elle répand une livre d'un parfum très pur et de grande valeur.

C'est trop, c'est trop n'hésite pas à dire l'homme des calculs, des roueries, des faux-fuyants. Un homme sincère pourtant puisqu'aux premiers jours il s'est donné à Jésus. Mais avec le temps, il a fait le chemin inverse de Marie. Il se replie sur lui-même et devient faible, de plus en plus faible. Il ne sait pas ce qu'est l'exubérance d'un amour qui donne.

Et moi, qui suis-je ? Aide-moi, Seigneur, à faire un bilan de ma conscience à ton égard et à l'égard de mes frères. Pas comme Judas, pour qui les pauvres sont un prétexte, mais qui est tout tissé d'argent en son coeur. Comme Marie, bien sûr, car je suis pécheur.

Reprendre vie

Judas s'enfonce vers le mensonge et la mort. Il a commencé les premiers gestes de son suicide. L'ordre, le bon ordre de l'argent le conduira à la trahison et à la haine. Comme il n'a plus d'issue pour vivre avec amour, il se donne la mort. Savait-il ce qu'est l'amour ?

Marie, elle a beaucoup aimé, dans le désordre. Elle a aimé avec des folies. Ce n'est pas la folie du pécheur qui compte à tes yeux, Seigneur, c'est l'amour. Tu es venu non pour juger mais pour sauver. Et sans amour, que peut-on sauver ? sans amour que peut-on offrir ? Tu le sais puisque tu donnes tout à ton Père, par Amour.

Je suis pécheur. Mais je t'aime, toi qui sais tout, tu sais bien que je t'aime. Tout compte fait je me sens plus près de Marie.

 

 

Méditation pour le Mardi Saint

 

"Aide-nous, Dieu éternel et tout puissant, à célébrer les mystères de la Passion du Seigneur de telle sorte que nous obtenions le pardon." (prière d'ouverture de la messe)

Satan entra en lui

Je le retrouve encore aujourd'hui ce Judas dont l'évangile parlait hier. Et à côté de lui se trouvent les autres apôtres. Ils ne comprennent pas le sens de la parole de Jésus. Ils se regardent les uns les autres espérant trouver une explication auprès de l'un ou de l'autre. Judas comprend très bien :"L'un de vous me livrera." C'est chose faite pour trente deniers.

Durant le repas pascal juif, recevoir la première bouchée de l'agneau était significatif. On le donne en premier à une personne que l'on veut honorer. C'est ce morceau qui a été donné à Judas, preuve que Judas pouvait être pardonné.

Jésus accomplit le rite de l'Ancienne Alliance. Judas, par son péché, préfère ne pas être pardonné. Satan entre en lui.

Tu me suivras plus tard

A l'inverse, Pierre veut rester fidèle à Jésus. Le Seigneur le rappelle au réalisme de sa faiblesse avec netteté : " Tu me renieras..."

Le lendemain, à la même heure en effet, il aura renié son Maître. Le coq chante. Pierre ne s'enfonce pas dans son reniement pourtant répété avec insistance. Il regrette et son regard croisant celui de Jésus, il se sait pardonné. Satan ne peut entrer, Pierre n'a pas cessé d'aimer Jésus.

Voilà qui me donne à réfléchir quand j'ai peur d'aller me réconcilier par la grâce du sacrement. Car ce n'est pas chose facile que de se mettre à genoux pour reconnaître ses fautes et en obtenir le pardon...même de Toi.

Seigneur, Tu as aidé Judas. Il a refusé cette aide. Tu as aidé Pierre, il accueilli ton regard dans la cour de Caïphe. Il se sait pardonné.

Aide-moi, Seigneur, à recevoir aussi cette grâce de la réconciliation.

 

Méditation pour le Mercredi Saint

 

"Puisque tu as voulu que ton Fils fût crucifié pour nous afin de nous arracher au pouvoir de Satan, fais que nous puissions recevoir la grâce de la résurrection." (prière d'ouverture de la messe)

L'évangile de ce jour commence par les deux attitudes qui pourraient parfois être les miennes. Deux disponibilités, c'est vrai, mais pas pour suivre le même but.

Que voulez-vous me donner ?

Tout est pour lui, ce Judas. Son imagination va rechercher le lieu et le moment de livrer celui qui l'a aimé, cet apôtre choisi.

Et moi, sans être Judas, ne m'arrive-t-il pas, Seigneur, de poser plus ou moins directement la même question. "En réponse à ma prière, que puis-je espérer de vous ?" Non, non je ne trahirai pas. Non, non je ne veux pas être Judas. Mais tout de même mes intentions se tournent vers moi d'abord.

Et si un jour je succombe gravement, arrache-moi au pouvoir de Satan. Je te le demande d'avance afin d'avoir un coeur et une volonté disponibles pour recevoir la grâce de la résurrection.

Où veux-tu que nous fassions les préparatifs ?

Ils font ce que Jésus leur a demandé et comme il voulait. Ils se sentent chez eux chez cet ami de Jésus qui va les accueillir pour la dernière Pâque.

Leur attitude est toute d'humilité sur eux eux-mêmes. Seraient-ils capables de le livrer ? Serais-je capable de livrer Jésus ?

Sans aller jusque là, bien sûr, je suis parfois comme Thomas :" Allons-y et mourrons avec lui !" Il est parti discrètement du Jardin des Oliviers, sans que les gardes s'intéressent à lui. Jésus était livré.

Je suis parfois comme Pierre :" Je donnerai ma vie pour toi !" Il est parti celui qui devait affermir la foi de ses frères. Il a tout de même livré son Maître au mensonge de son reniement, temporaire bien sûr. Mais tout de même un reniement.

Je suis prêt à tout Seigneur. Si tu vois que je suis en train de flancher, viens me disposer à recevoir la grâce de la résurrection.

 

Méditation pour le Jeudi Saint

 

"Ceci est mon Corps livré pour vous. Faîtes ceci en mémoire de moi."

"Ceci est mon sang versé pour vous. Faîtes ceci en mémoire de moi."

Je veux me laisser entraîner dans la méditation de ces paroles inouïes : livré pour vous, versé pour vous....

"Fais que nous recevions de ce repas, qui est le sacrement de ton amour, la charité et la vie ... " (prière d'ouverture) ... le sacrement de ton amour !

"Donne-nous la grâce de vraiment participer à cette Eucharistie... (prière sur les offrandes) ... participer vraiment par notre amour !

"Accorde-nous d'être un jour rassasiés à la table du Royaume éternel ... (prière après la communion) ... ce devrait être l'unique but de ma vie !

Aujourd'hui, chaque jour, " chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne." (saint Paul)

Je ne me lasserai pas de répéter cela, de le répéter dans ma méditation d'aujourd'hui, dans mon action de grâce au terme de chaque célébration pour proclamer aux hommes mes frères ce sacrement de ton amour.

 

Méditation pour le Vendredi Saint

 

"Dieu très-haut et glorieux,

éclaire les ténèbres de mon coeur,

donne-moi la foi droite,

l'espérance certaine,

la charité parfaite.

Seigneur, donne-moi

l'intelligence et la connaissance,

afin que je puisse faire

ce qui est vraiment ta sainte volonté."

Prière de saint François d'Assise

devant le crucifix de Saint-Damien.

"Père, je remets mon âme entre tes mains."

ainsi

"tout est consommé !"

Jésus dans son dernier souffle d'amour.

 

Méditation pour le Samedi Saint

 

Puisque le Christ sans péché,

les a assumées et les a rachetées.

Nos ténèbres ne peuvent durer

quand le Christ lumière est avec nous.

Ouvrons nos yeux et notre coeur,

réjouissons-nous, émerveillons-nous !

La vie a vaincu la mort.

Lumière née de la Lumière

Tu nous fais naître par Ta Lumière.

 

Méditation pour le Jour de Pâques

 

 

Solennité des solennités

 

Voici près de deux mille ans, la lumière de la Vie Nouvelle a jailli d'un tombeau. Désormais, pour toujours, et dans cet aujourd'hui qui est le nôtre, toutes choses sont remplies de cette lumière, le Ciel, la Terre et les Enfers.

 

Nous vivons d'une vie nouvelle

Cette vie nous est donnée au jour de notre baptême, ce jour "où nous avons été ensevelis avec le Christ dans sa mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle." (Romains 6. 4)

A Pâques, nous célébrons la Résurrection du Christ comme quelque chose qui est arrivé et qui nous arrive encore. Car chacun d'entre nous a reçu le don de cette vie nouvelle, la faculté de l'accueillir, la grâce d'en vivre. C'est un don qui change radicalement notre attitude envers toutes choses, y compris la mort. Certes elle est encore là et nous l'affrontons toujours. Un jour, elle viendra nous prendre. Mais là réside aussi toute notre foi.

Par sa propre mort, le Christ a changé la nature même de la mort. Il en a fait un passage, une pâque, dans le Royaume de Dieu. Il a transformé en une victoire suprême, ce qui est et reste une tragédie.

 

Dans notre vie enténébrée

Nous vivons souvent comme si cet événement unique n'avait que peu de signification pour nous. C'est notre faiblesse, alors que nous sommes appelés à vivre constamment de foi, d'espérance et de charité. Immergés dans nos préoccupations journalières, nous succombons à cause de cet oubli. Et notre vie en devient mesquine, enténébrée, dépourvue de sens, nous conduisant vers un but sans signification.

Ce n'est pas en oubliant la mort que nous rendrons notre vie agréable. Car, dans ce cas, elle devient absurde dans son inévitable. En vivant comme si le Christ n'était jamais venu nous entraîner dans sa vie par delà cette mort, nous n'en comprenons pas le sens.

 

Prendre conscience de cette réalité

Si nous prenons conscience de cette réalité pascale dans l'immédiat de nos journées, nous ouvrons une porte sur la splendeur du Royaume, sur l'avant-goût de la joie éternelle qui nous attend dans la plénitude de la vie. La liturgie de l'Eglise est "ordonnée" autour de Pâques. La succession des temps liturgiques nous conduit dans un voyage, un pèlerinage qui est progressivement la fin de ce qui est vieux et périmé, qui est aussi un passage constant de ce monde à notre Père.

"Que ton Esprit fasse de nous des hommes nouveaux pour que nous ressuscitions avec le Christ dans la lumière de la vie." (prière pascale après la communion)

"Voici le jour que fit le Seigneur, jour de fête et jour de joie ! Voici le jour où le Christ, notre Dieu, nous conduit de la mort à la vie." (Acclamations des matines)

En ce jour de Pâques, il n'est plus qu'une seule attitude à avoir : la foi.

C'est elle qui permet à la réalité divine d'illuminer notre vie.

Il n'est plus qu'une action à entreprendre :

C'est de porter partout témoignage de la bouleversante découverte d'un monde nouveau.

Voici le jour de la Résurrection.

Voici la lumière de notre joie !

Voici la Pâque du Seigneur !

Le Christ nous a fait passer de la mort à la vie et de la terre aux cieux !

Chantons son triomphe !

Purifions nos vies.

Nous le verrons, le Seigneur étincelant de Lumière.

Le Christ ressuscité !

et nous l'entendrons nous dire "Paix sur vous".

Chantons son triomphe !

Joie, Joie sans fin !

Le Christ est ressuscité ! Alléluià !

(dans la liturgie byzantine)

 

 

Prier la Semaine sainte avec l’Eglise catholique romaine

 

 

Pour le Jeudi Saint

Ubi caritas et amor

Là où se trouvent l'amour et la charité, Dieu est là.

L'amour du Christ nous a rassemblés dans l'unité.

Exsultons et réjouissons-nous en cet amour.

Craignons et aimons le Dieu vivant.

Nous sommes rassemblés en cette unité.

Prenons soin que nos esprits ne la divise pas.

Que cessent les méchanceté, que cessent les conflits.

Qu'au milieu de nous le Christ soit présent.

Qu'ensemble avec les saints,

nous puissions dans la gloire

voir ton visage, ô Christ notre Dieu.

Que notre joie soit immense et pure,

durant l'infini des siècles.

A&


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