Seconde Semaine de Pâques... Méditation de l'Evangile du jour




Seconde Semaine de Pâques... Méditation de l'Evangile du jour
Saint Thomas

Commentaires de l’Evangile 

de la 2èmeSemaine du Temps Pascal

 

2èmedimanche de Pâques.

Années A & B & C.

Jn 20, 19-31.

 

Il touche l’homme, il reconnaît Dieu !

Du Traité de saint Augustin sur l’Evangile de Jean.

Thomas n’était-il pas un des disciples, un homme de la foule, pour ainsi dire ? Ses frères lui disaient : Nous avons vu le Seigneur !Et lui de répondre : Si je ne touche pas, si je ne mets pas mon doigt dans son côté, je ne croirai pas

Les Evangélistes t’apportent la nouvelle, et toi, tu ne veux pas croire ? Le monde a cru, et le disciple, lui, n’a pas voulu croire ! Leurs paroles sont parvenues jusqu’au bout du monde, et le monde a cru… et Thomas, lui, ne croit pas ?

Il n’était pas encore devenu ce Jour qu’a fait le Seigneur. Qu’il vienne donc, Lui qui est le point du Jour, qu’il vienne et qu’il dise avec patience, avec douceur et sans colère, lui qui guérit toute maladie : Viens, viens donc, touche et crois ! Tu as dit en effet : si je ne touche pas, je ne crois pas ! Viens, touche, mets ton doigt dans mon côté ! Ne sois plus incrédule, mais fidèle ! Je connaissais tes blessures ; j’ai gardé pour toi ma cicatrice !

En approchant la main, Thomas peut compléter sa foi. Quelle est donc la plénitude de la foi ? 

De ne pas croire que le Christ est seulement Homme, ou qu’il est seulement Dieu, mais de croire qu’il est Homme et Dieu. Ainsi le disciple auquel son Sauveur donnait à toucher les membres de son Corps et ses cicatrices, ce disciple s’écrie : Mon Seigneur et mon Dieu !

Il a touché l’homme, il a reconnu Dieu ; il a touché la chair, il s’est tourné vers la Parole… La Parole, en effet, a ressuscité la chair et l’a montrée aux yeux des disciples qui ont pu la toucher de leurs mains. Ils touchent et ils s’écrient : Mon Seigneur et mon Dieu ! Voilà le Jour qu’a fait le Seigneur.

In Lectionnaire de Tournay, dimanche 18 avril 1982.

 

 

Lundi de la 2èmeSemaine du Temps Pascal

Évangile

Jn 3, 1-8

 

De l’exhortation apostolique Africae munus

« L’Eglise comme une sentinelle »

 

 

Dans la situation actuelle de l’Afrique, l’Église est appelée à faire entendre la voix du Christ. Elle désire suivre la recommandation de Jésus à Nicodème qui s’interrogeait sur la possibilité de renaître : « Il vous faut naître d’en-haut ».

Les missionnaires ont proposé aux Africains cette nouvelle naissance « d’eau et d’esprit », une Bonne Nouvelle que toute personne a le droit d’entendre afin de réaliser pleinement sa vocation. 

L’Église en Afrique vit de cet héritage. À cause du Christ et par fidélité à sa leçon de vie, elle se sent poussée à être présente là où l’humanité connaît la souffrance et à se faire l’écho du cri silencieux des innocents persécutés, ou des peuples dont des gouvernants hypothèquent le présent et l’avenir au nom d’intérêts personnels. 

Par sa capacité à reconnaître le visage du Christ dans celui de l’enfant, du malade, du souffrant ou du nécessiteux, l’Église contribue à forger lentement mais sûrement l’Afrique nouvelle. Dans son rôle prophétique, chaque fois que les peuples crient vers elle: « Veilleur, où en est la nuit ? » (Is21, 11), l’Église désire être prête à rendre raison de l’espérance qu’elle porte en elle (cf. 1 P3, 15) car une aube nouvelle pointe à l’horizon (cf. Ap22, 5). 

Seul le refus de la déshumanisation de l’homme, et de la compromission – par crainte de l’épreuve ou du martyre – servira la cause de l’Évangile de vérité. « Dans le monde, dit le Christ, vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J’ai vaincu le monde ! » (Jn16, 33). La paix authentique vient du Christ (cf. Jn14, 27). Elle n’est donc pas comparable à celle du monde. Elle n’est pas le fruit de négociations et d’accords diplomatiques fondés sur des intérêts. C’est la paix de l’humanité réconciliée avec elle-même en Dieu et dont l’Église est le sacrement. 

Africae Munus, n°30.

 

Mardi 2èmesemaine de Pâques.

Jn 3,7-15.

 

Vie, mort et résurrection.

D’un Sermon de saint Augustin.

Le pays où fleurit le naître et le mourir est un pays de souffrance. Les hommes cherchent à être heureux au pays de la souffrance. Ils cherchent l’éternité au pays de la mort (…).

Nous désirons la vie, mais ces morts en sursis que nous sommes ne peuvent la garder. Notre malheur n’en est que plus grand. Car mourir, quand on aime la vie, serait un moindre mal. Mais notre malheur extrême vient de ce que nous voulons vivre, mais nous sommes contraints à la mort.

L’homme vient au monde et chacun dit : Je veux vivre, et nul n’aspire à mourir. Et malgré son horreur de la mort, il est contraint à la mort. De toute sa force il vit : il mange, il court, il dort, il marche, il ouvre l’œil, il veut vivre. Souvent il sort victorieux de nombreux périls. Il survit. Mais qu’il garde, s’il le peut, son bel âge ! Qu’il ne parvienne pas à la vieillesse ! Il se tire des dangers d’un jour et il dit : J’ai échappé à la mort ! – Comment as-tu échappé à la mort ? – En triomphant des dangers d’un jour. Tu n’as pourtant fait qu’ajouter un jour. Tu as vécu un jour de plus, mais à la réflexion, tu en as perdu un. Car si tu dois vivre, disons trente ans, ce jour écoulé se retranche du total de tes jours et approche l’échéance de ta mort. 

A mesure qu’une année disparaît, une autre arrive. Mais lorsqu’elle est là, tu ne peux empêcher sa fuite. Angoissé, tu vis une autre année ; la vie ôte la vie ; le temps ronge ton existence et elle n’est plus (…).

Mais vint notre Seigneur Jésus Christ, qui nous dit en quelque sorte : Que craignez-vous, hommes que j’ai créés et que je n’ai pas abandonnés ? Hommes, pourquoi craignez-vous de mourir ? Voilà que je meurs, voilà que je souffre. Ne redoutez plus ce que vous redoutiez ; je vous montre votre espérance.

Oui, il l’a fait ; il nous a manifesté sa résurrection pour l’éternité.

In Lectures pour le Temps pascal – III – Prière du Temps Présent.

 

Mercredi de la Deuxième Semaine du Temps Pascal

Évangile

Jn 3, 16-21

 

D’une Méditation de saint Isaac le Syrien

« Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique »

L'homme qui prend feu et flamme à cause de la vérité n'a pas encore appris la vérité telle qu'elle est. Lorsqu'il l'aura vraiment apprise, il cessera de s'enflammer à cause d'elle. 

Le don de Dieu et la connaissance accordée par ce don ne sont jamais motifs à se troubler ou à élever la voix, car le lieu où habite l'Esprit avec l'amour et l'humilité est un lieu où ne règne que la paix...



Si le zèle avait été utile pour le redressement des hommes, pourquoi Dieu aurait-il revêtu un corps et employé la douceur et des façons humbles pour convertir le monde à son Père ? Et pourquoi se serait-il étendu sur la croix pour les pécheurs, et aurait-il livré son corps très saint à la souffrance en faveur du monde ? 

Moi, j'affirme que Dieu ne l'a fait que pour une seule raison : faire connaître au monde son amour, pour que notre capacité d'aimer, encore augmentée par une telle constatation, soit faite captive de son amour à lui. 

De la sorte, la puissance incomparable du Royaume des cieux, qui consiste dans l'amour, a trouvé une occasion de s'exprimer dans la mort de son Fils...afin que le monde ressente l'amour de Dieu pour sa création. Si ce geste admirable n'avait eu d'autre raison que la rémission de nos péchés, il aurait suffi d'un autre moyen pour la réaliser. Qui l'aurait refusé s'il l'avait accompli par une mort simple, sans plus ? Mais il n'a pas voulu d'une mort toute simple, afin que tu comprennes quel en est le mystère...


Pourquoi fallait-il des insultes et des crachats ?... Oh, sagesse qui donne la vie ! Maintenant tu as  compris et ressenti quelle a été la raison de la venue de notre Seigneur et de tout ce qui s'en est suivi, avant même que de sa bouche sainte il ne nous l'ait lui-même clairement expliqué. Il est écrit, en effet, que « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique ».

Chapitres sur la connaissance, IV, 77-78 (trad. Louf, Bellefontaine 2003, p. 273 rev.) 

 

Jeudi de la 2èmeSemaine du Temps Pascal

Évangile

Jn 3, 31-36

 

Commentaire de saint Augustin

« Celui qui vient du ciel rend témoignage de ce qu'il a vu et entendu »

 

Supposons qu'en quelqu'un se taisent les agitations de la chair, que se taisent toutes les illusions de la terre, des eaux, de l'air, et même les cieux. 

Supposons que l'âme elle-même fasse silence et se dépasse en ne pensant plus à soi : silence des songes et silence des rêveries de l'imagination. 

Supposons qu'en quelqu'un toute langue, tout signe passager, fasse silence, que tout se taise — car pour qui peut l'entendre, toutes choses disent : « Nous ne nous sommes pas faites nous-mêmes ; notre Créateur c'est celui qui demeure éternellement ». 

Supposons donc que, cela dit, toute chose fasse silence, dressant l'oreille vers son Créateur, et que lui seul parle, non par ses œuvres mais par lui-même, nous faisant entendre sa Parole sans une langue de chair ou la voix d'un ange ou le fracas d'une nuée ou le clair-obscur d'une parabole. 

Si lui-même, que nous aimons dans ces choses, se faisait entendre sans elles...et si notre pensée atteignait la Sagesse éternelle qui demeure au-dessus de tout..., ne serait-ce pas alors l'accomplissement de cette parole : « Entre dans la joie de ton Maître » ? 

Les Confessions, IX, 10 

 

Vendredi de la Deuxième semaine du Temps Pascal

Évangile

Jn 6, 1-15

 

Méditation du Cardinal Joseph Ratzinger

« Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mt 14,16)

Dans le pain de l'eucharistie, nous recevons la multiplication inépuisable des pains de l'amour de Jésus Christ, assez riche pour rassasier la faim de tous les siècles, et qui cherche ainsi à nous mettre, nous aussi, au service de cette multiplication des pains. 

Les quelques pains de seigle de notre vie pourront sembler inutiles, mais le Seigneur en a besoin et les demande.



Les sacrements de l'Église sont, comme l'Église elle-même, le fruit du grain de blé mourant. Pour les recevoir, nous devons entrer dans le mouvement d'où ils proviennent eux-mêmes. Ce mouvement consiste à se perdre soi-même, sans quoi l'on ne peut pas se trouver : « Celui qui veut garder sa vie la perdra ; mais celui qui perd sa vie à cause de moi et de l'Évangile, celui-là la gardera ». Cette parole du Seigneur est la formule fondamentale d'une vie chrétienne...; la forme caractéristique de la vie chrétienne lui vient de la croix. 

L'ouverture chrétienne au monde, tant prônée aujourd'hui, ne peut trouver son vrai modèle que dans le côté ouvert du Seigneur, expression de cet amour radical, seul capable de sauver.



Du sang et de l'eau ont jailli du côté transpercé de Jésus crucifié. Ce qui, à première vue, est signe de sa mort, signe de son échec le plus complet, constitue en même temps un commencement nouveau : le Crucifié ressuscite et ne meurt plus. Des profondeurs de la mort surgit la promesse de la vie éternelle. Au-dessus de la croix de Jésus Christ, resplendit déjà la clarté victorieuse du matin de Pâques. C'est pourquoi, vivre avec lui sous le signe de la croix est synonyme de vivre sous la promesse de la joie pascale.

Meditationen zur Karwoche, 1969 (trad. Un seul Seigneur, Mame 1971, p. 118) 

 

Samedi de la 2èmeSemaine du Temps Pascal

Évangile

Jn 6, 16-21

 

D’un Poème de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix

« Aussitôt, la barque atteignit le rivage à l'endroit où ils se rendaient »

 

Quand se déchaînent les tempêtes, 
tu es, Seigneur, notre force. 


Nous te louerons, toi le Dieu fort 
qui es notre constant secours. 


Nous restons fermes près de toi, 
mettant en toi notre confiance, 


même si la terre est secouée 
et si la mer devient houleuse.



Que les flots enflent et déferlent, 
que vacillent les montagnes,


la joie nous illuminera,
la cité de Dieu te rend grâce.


En elle tu as ta demeure,
tu préserves sa sainte paix.


Et un fleuve puissant protège
la sublime demeure de Dieu.



Les peuples en folie se déchaînent,
le pouvoir des États s'effondre.


Voici qu'il élève la voix,
la terre gronde, secouée.


Mais le Seigneur est avec nous,
le Seigneur, le Dieu Sabaoth.


Tu es pour nous lumière et salut,
nous ne saurions avoir peur.



Venez tous, venez contempler
les prodiges de sa puissance : 


toutes les guerres se meurent,
la corde de l'arc se détend.


Jetez dans le brasier de feu
, bouclier et arme de guerre.


Le Seigneur, le Dieu Sabaoth
 nous secourt en toute détresse.

 

Poésie « Psalm 45 », 28/04/1936 ; paraphrase du psaume 45/46 (trad. Malgré la nuit, Ad solem 2002, p.41) 

 

 


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